Carnet de voyage – Danube 2012 – Partie 1

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1ER jour : Ecublens-Estavayer

3 juin, 7 heures, on se lève plein d’entrain pour préparer les derniers effectifs. Mais évidemment, on traine, on oublie l’outil essentiel, il nous manque un tendeur ou deux, la brosse à dent, etc.. Résultat, 11h, nous sommes fin prêts à partir ! Nous avons beaucoup de bagages (nous aurions pu faire mieux) mais nous avons tout le confort nécessaire pour un voyage d’un mois.

On grimpe sur les collines d’Ecublens, première descente, j’y vais à fond sans me soucier. Grossière erreur, vers 52km/h, je ressens des à-coups dans mon guidon et ma roue arrière commence à déraper de gauche à droite. Je freine de toutes mes forces mais le mouvement s’amplifie. Juste avant une chute inévitable, l’attache de la remorque cède et me permet de rejoindre le fossé sans tomber. Kilian, derrière moi, stoppe les voitures et camions, je reprends ma remorque heureusement intacte et reprends mon souffle après ces quelques péripéties non prévue.

Pour moi, dans ma tête, c’est l’alerte pour me dire que le chargement ne va pas et que ce n’est pas possible de continuer le voyage dans ces conditions. Kilian heureusement essaye de me rassurer. Nous échangeons de vélo un moment et une dizaine de minute plus tard, je reprends ma monture non sans crainte pour les futures descentes.

Nous empruntons la route «officielle» de vélo pour rejoindre le lac de Neuchâtel, cette route emprunte des chemins très peu praticables avec nos semi-remorques.

Nous reconnaissons les chemins de l’année précédente et aussi découvrons de nouvelles portions de route, malheureusement, ce n’était pas la route du Rhum mais plutôt la route des Roms avec des déjections humaines recouvrant le chemin.

Nous arrivons à Yverdon vers 16h30, Kilian (déjà mort avant Yverdon) en profite pour se baigner et se reposer.

Nous rejoignons notre plage secrète après Estavayer comme il était prévu.
Bain et mangeaille sous le soleil plongeant. Après avoir combattu toute la soirée contre les fourmis et les moustiques ( à tiens, on a oublié l’anti-moustique ? ), nous plongeons dans notre tente en laissant le moins de temps possible à nos petits amis pour rentrer avec nous.

23h, il fait nuit, on entend des trucs bizarres, comme des coups de feu et des cris puis des allemands bourrés qui sont dans l’eau et qui «chantent»…

Sinon, demain je mettrais de la crème solaire

Stats du jour :

Distance parcourue : 68km
Vitesse max : 52km/h
Moyenne : 14km/h
Temps de parcours : 5h
Moucherons avalés : 2
Jambes brulées : 2
Bras cramés : 4

2EME jour : Estavayer – Sergier

Mon réveil sonne à 8h, je l’éteins. Finalement ce sera 9h30.
Petit déjeuner tranquille ou presque ; les moustiques sont partis mais pas les fourmis ( qui ont même réussi à s’infiltrer dans notre sac de nourriture pendant la nuit )

On part vers 11h30 sans même avoir pu se baigner le matin ( pas beaucoup de soleil !)

On prend un chemin rocailleux assez difficile. On rencontre «Saint» Paul, un vieux trappeur barbu qui nous souhaite bonne route. On sort enfin de la tourbe et de la forêt pour atteindre des champs de blé, ça roule bien, hormis le vélo de Kilian qui fait des siennes avec les vitesses. Une reprise un peu trop difficile et c’est dans un bruit fort inquiétant que le vélo de Kilian s’immobilise.

Au final, le dérailleur s’est amusé à rentrer dans les rayons de sa roue arrière pendant un changement de vitesse. Résultat, 5 rayons cassés et le dérailleur complètement cassé et coincé dans la roue. Impossible de repartir dans ces conditions. Nous nous dirigeons dans le petit village avoisinant le lieu de l’accident. Nous tombons sur une très gentille famille qui nous apporte immédiatement de l’aide grâce à un camion qui nous emportera avec notre matériel jusqu’à Payerne (ou se trouve le magasin de vélo le plus proche).

On nous prête gentiment un vélo pendant la réparation, ce qui nous a permis de visiter Payerne pendant quelques heures.

Deux heures et 500-. plus tard, nous voilà repartis.

Nous rejoignons finalement le camping de Sergier (région des 3 lacs) malheureusement cher et douches payantes.

Stats du jour :

Distance : 40km
Durée : 2h30
Rayons cassés : 5
Cycliste énervé : 1

3EME jour : Sergier – Solothurn

Je finis mon sommeil dehors car la tente devient un four.

On se lève tard, vers 9h30 et petit déj au bord de l’eau. Résultat, on part encore hyper tard, genre 11h45.

J’ai voulu prendre le chemin roller 3 pour éviter la boucle entre le lac de Neuch et Bienne, résultat, on a du grimper 2 cols. Malgré ça, on se retrouve à Bienne vers 14h00 et on mange au bord de l’eau et sous l’eau.

( J’exagère un peu…ce n’était que quelques averses : que du bluff ! comme on a l’habitude de dire). Nous repartons vers 15h avec un peu de difficultés pour retrouver le canal de l’Aar.

On rencontre un village de cigognes.

Nous trouvons un bon camping près de Solothurn. Nous mangeons au bord de l’eau en suivant avec attention un ballet de cygnes.

Stats du jour :

Distance : 60km
Moucherons dans les yeux : 1
Baignade : 1

4EME jour : Solothurn – Forêt après Olten

Après une nuit très agitée composée d’un habile mélange de pluie, de vent et d’orage, nous nous réveillons aux alentours de 9h. Tel Poseidon, dieux des Océans, je brave la tempête et sort de la tente en pyjama afin de voir l’étendue des dégâts et ramener par la même occasion kway et autres attirails contre la pluie. Premier constat : une chaussure de Kilian à décidé de s’échapper de la bâche et à prit une bonne douche pendant toute la nuit, même chose pour le sac de camping contenant PQ et papier ménage, et le plus embêtant pour la fin : mon sac d’affaire pourtant normalement hermétique s’est révélé pas si hermétique que ça… Voilà ce que ça fait de se coucher à la va- vite. Ca ne nous reprendra pas !

On se lève tous les deux et allons nous réfugier dans les sanitaires où l’on jouera de l’unique sèche cheveux pendant plus d’une heure. Kilian a pu sauver sa chaussure, je n’ai pu que récupérer qu’un seul T-shirt. Heureusement, le camping est bien équipé pour le linge, nous mangeons notre petit déjeuné devant Mtv en attendant la fin des intempéries et le linge qui sèche.

Vers 12h30, nous voilà repartis sous quelques gouttes par intermittence. Nous roulons 15km, il se remet à pleuvoir.
Nous mettons rapidement nos habits de pluie pour la première fois. ( Kilian avait tout acheté à Décathlon). Il m’a prit du XL, résultat, je peux facilement mettre mes deux jambes dans une seule du pantalon de pluie. Mais merci quand même ! On a l’air de deux racailles dedans ( ou alors de SDF…à vous de juger ! ).

Une heure plus tard, la pluie s’arrête, nous enlevons le tout et continuons notre route jusqu’à 19h, après Olten.

Nous regardons une chèvre traverser la route devant une voiture, ouf ! elle passe sans heurt, mais malheureusement pas pour la deuxième qui suivait, qui s’est prit la voiture de plein fouet. Elle a volé sur plusieurs mètres, est restée quelques secondes inertes sous nos yeux interdits. Le conducteur lui avait déjà repris sa route, ne voulant pas prendre ses responsabilités dans l’accident qu’il venait de provoquer à cause de sa trop grande vitesse. Finalement, elle se relève et rejoins non sans mal ses compatriotes.

Nous prenons conscience de notre fragilité face aux voitures.

Nous cherchons pendant une demi-heure un endroit correct et discret où dormir mais tout est soit détrempé, soit trop en vue. Finalement, nous trouvons un endroit dans une petite forêt en bordure de l’Aar en crue. Impossible ou presque de faire plus discret !

Nous regardons au loin, le crachat non rassurant de la centrale nucléaire d’Olten.

Kilian me raconte des histoires de gorilles qui utilisent des feuillages pour faire un matelas. Alors nous prenons nos couteaux et cherchons des petites branches de saule, de platane, d’orme et de charme. Nous tapissons le futur sol de notre tente sur 2m^2.

Il est temps de manger. Nous sortons de notre forêt avec le matériel de cuisine dans le champ d’à coté. Kilian allume le réchaud pour faire du Ebly ( qui s’est d’ailleurs renversé trois fois déjà dans le sac…). Il se met à pleuvoir. «-Du bluff !» me dit-il. On replie un peu la bâche sur nous. Le ciel nous envoie de plus en plus de gouttes. «-Il continue de bluffer en faisant All-In !» renchérit Kilian, friand de références de poker.

Mais en fait, non… Kilian finit de cuire son Ebly sous la pluie coute que coute pendant que j’essaye de protéger les affaires dans la forêt ( la pluie commençait à tout transpercer).

Finalement c’en est trop, je rejoins Kilian et nous rentrons toutes les affaires dans la forêt. Kilian imagine rapidement un toit avec la bâche et 4 tendeurs accrochés aux arbres. Ce système se révélera très efficace. Il nous a permis de mettre à l’abris les affaires, de monter la tente et d’avoir même une petite place où manger. Nous avalons pratiquement le repas car il fait presque nuit. Nous sommes vraiment en retard, et nous tirons encore une leçon pour les prochains «camping». Il pleut des cordes, nous sommes assis sous la bâche impuissants et nous rions.

Stats du jour :

Distance : 53km
Moyenne : 15,8km/h
Temps de parcours : 3h30
Pluie : Beaucoup trop

5EME jour : Olten – Koblenz

Levé 8h, on sèche, on mange, on range, notre triptyque quotidien commence à rentrer. On fait la vaisselle dans la
rivière.

On part vers 11h. On rencontre deux trois centrales, des jolies villes ( Aarau) et puis on roule en fait !

On trouve un camping pas top top mais à défaut de trouver mieux dans les environs, on ne jouera pas les fines bouches. On nous entasse entre deux caravanes comme il est maintenant coutume de faire pour nous, pauvres campeurs avec nos vulgaires tentes.

Stats du jour :

Distance : 68km
Moyenne : 16,8km/h Temps de parcours : 4h00

6EME jour : Koblenz – Schaffhausen

Malgré nos prières quotidiennes, il a encore plu cette nuit…

Mon réveil de 8h00 fut inutile, la pluie était là pour nous rappeler de rester au chaud au lit en attendant la fin ou plutôt l’accalmie. Vers 9h00, c’en est fini.

On remonte les chutes du Rhin sans les voir de près mais c’est pas grave.

On arrive à Schaffhausen où l’on sait qu’un magnifique camping nous attend ; nous ne serons pas déçu.

On redescend en ville prendre une «bonne»pizza qui n’a eu comme qualité que de couter 9-.

Stats du jour :

Distance : 56km
Moyenne : 16,6km/h Temps de parcours : 3h20

7EME jour : Schaffhausen – Donaueschingen

Ouaw…On se lève sous le soleil, sensation presque oubliée à cause des derniers jours.

On a du mal à sortir de Schaffhausen, on monte inutilement pendant quelques kilomètres avant qu’un gentil allemand à vélo nous remette sur le droit chemin.

On passe la frontière, on subit de fortes montées à 18% qu’il est impossible de faire à vélo. Col à 720 mètres. On souffle en haut et c’est bon ! nous quittons les dernières déformations du Jura et c’est la descente jusqu’à Donaueschingen ; lieu de la source officielle du Danube.

Nous nous recueillons. Donau und Breg bring das Donau zu weg.

Kilian se baigne dans l’eau toute dégueulasse de la confluence.

Ensuite, camping à 7km de Donaueschingen.

Stats du jour :

Distance : 52km
Moyenne : 14,1km/h Temps de parcours : 3h40

8EME jour : Donaueschingen – Un peu avant Sigmaringen

Pas de pluie cette nuit ! Cela nous permet de gagner quelques minutes et de partir vers 10h40.

Nous arrivons rapidement dans des gorges très fréquentées par les vélos, notamment des vélos électriques. Très belle route de vélo sur graviers et beau temps, ça avance bien, tout va bien !

Vers 19h00, le ciel se couvre de nuages gris annonçant une inévitable pluie. Nous décidons de bivouaquer près de l’eau dans une sorte de champ en friche.

Nous sympathisons à nouveau avec les moustiques, buvons l’eau du Danube et nous préparons contre la pluie grâce à notre bâche tendue entre deux arbres et les vélos.

Une fois le repas fini, nous remarquons que nous sommes envahis par les escargots. Comme nous n’avons rien à faire, nous organisons une course. (Malheureusement interrompue par la pluie…)

Bonne nuit !

Stats du jour :

Distance : 80km
Moyenne : 18,1km/h

9EME jour : Sigmaringen – Rottenacker

Une pluie matinale nous contraint à manger sous la bâche une nouvelle fois. On attend de pied ferme le soleil afin de sécher la tente. Vers 11h, c’est parti !

Dans l’après, nous nous égarons à cause de travaux sur la route. Un problème de direction qui se révélera être un détour énorme et qui nous a obligé de couper à travers champ.

(C’est aussi ce jour que l’on a roulé sur une triple voie sur quelques kilomètres, à ne jamais réitérer !) En fin de journée, ralentis par le vent et Kilian fatigué, nous trouvons un lac de gravière où il est possible de camper.

On se lave dedans sous les yeux incrédules de jeunes du coin qui apparemment n’avaient pas d’autre occupation que de se taper dessus…Ahhh la jeunesse.

Stats du jour :

Distance : 84km
Moyenne : 17,2 km/h

10EME jour : Rottenacker – Ulm

Un peu de pluie matinale mais rien de méchant. On part à une heure record de 10h00. Ensuite, on part jusqu’à ULM (44km), on arrive vers 13h. On tombe sur la Donaufest ; une fête commémorative des émigrants du XVIIIème qui fuyaient la pauvreté d’Ulm en voguant sur le Danube à la recherche de nouvelles terres et d’une vie meilleure. Concrètement, la fête consiste en une multitude de stands présentant des spécialités de tous les pays où le Danube s’écoule mais aussi des concerts sur les deux rives.

Les gens sont intrigués par nos belles remorques et nous posent souvent des questions.

On mange notre première ( et dernière ) Weisswurst et Rottwurst pendant qu’un Ulmien nous explique l’histoire d’Ulm, il semble adorer sa ville et passionné par son histoire.

Nous allons ensuite rejoindre notre auberge de jeunesse. Un conseil, n’allez jamais là bas. Déjà, à vélo, c’est à 20 minutes du centre mais en montée ! De plus, les gens à l’accueil sont aussi aimables que des portes de prison et semblent détester les touristes que nous sommes. Bizarre pour un lieu qui se veut être pour les jeunes…Très mauvaise impression donc… On redescend vite à la fête après avoir pris de très longues douches pour essayer de faire passer l’addition de la nuit ( 52 euros pour deux…)

Nous prenons notre traditionnel Kafe-Kuchen sur une terrasse avec vue sur un des canaux de la ville, nous découvrons notre premier «Kurtoskalac«tchèque : une sorte de pâtisserie sucrée sucrée et vraiment bonne, nous mangeons aussi un pain au lard très bon et une crêpe qui ne me laissera pas un souvenir impérissable.

On change de coté, nous voilà à Neu-Ulm, nous assistons à quelques concerts plus ou moins bon. (Bon point pour le groupe de musique balkanique et mauvais pour le punk roumain…)

On finit par rentrer dans notre auberge pour jeunes riches.

Stats :

Distance : 50 km
Temps de parcours : ???

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